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Délires textuels nocturnes

 
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Tsaag Valren
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PostPosted: Fri 27 Jul - 15:25 (2007)    Post subject: Délires textuels nocturnes Reply with quote

Je replace ici les quelques textes stupides écrits le soir sur des coups de tête.
(Version refaite du Dieu des chats)
Bonne lecture !

Poupsky et le Dieu des Chats

Il était une fois, dans une petite mansarde de l'ultime étage d'un immeuble parisien, une féline paresseuse, noire de charbon et blanche de coton, qui sommeillait au pied d'une couette.
Frottant sa tête sur le tissu, pour sentir les plumes d'oies se mouvoir délicatement sous son poids, elle observait sa locataire humaine, occupée à scritcher du papier. Elle scritchait souvent du papier, l'humaine. Une activité bizarre consistant à s'ourder les pattes de graphite et de pelures de gomme. Immanquablement, elle finirait par passer ses pattes sales sur le pelage impeccablement lissléché de la féline, et il faudrait une bonne demie-heure de soins pour ôter l'odeur, les pelures et le graph'.

La féline se leva pour bondir en silence sur le rebord de la fenêtre. Le ballet incessant des bagnoles bariolés se déroulait sous ses yeux, tel un serpent bruyant et nauséabond, sans début, ni fin. Elle tendit sa patte vers les feuilles des acacias au dessous, mille fois taillés et réduit à l'état de troncs aux moignons de branches, mille fois refeuillus. Elle tendit l'oreille aux roucoulements d'un pigeon amoureux, sur les tuiles au dessus. Elle n'eut aucun mal à représenter le gras et gris oiseau, sa tête dans le jabot, à tourner autour d'une oiselle promise blasée. La pigeonne prit lourdement son essor pour rejoindre la fenêtre d'en face, où une retraitée balançait joyeusement les miettes de son dernier repas. Poupsky, la féline Poupsky, n'aimait pas voir autant de nourriture mouvante potentielle s'envoler. Elle rejoignit le lineau au sol avec un petit "tap", et trotta vers sa propre reserve de nourriture, les offrandes de sa locataire humaine. Moitié pleine. Pas rassurant.

Poupsky frotta son corps bichrome contre le mur, le pied du bureau, puis les jambes de sa locataire. Un rituel indispensable que de remplacer la sueur humaine par sa marque de propriété féline. Sans blagues.

Et curieusement, la locataire humaine ne dévia pas, ni pupille, ni pouce, ni poil, de son ouvrage. Poupsky, qui n'aimait pas le passage des pattes sales sur son pelage, s'en réjouit à moitié. En effet, frottis sur mollets possédait pour seconde signification "regarde la gamelle si elle est pleine".

pas rassurant du tout.

Alors, Poupsky pria le Dieu des chats. Oh, vous allez dire qu'il n'y a pas de Dieu des chats. Vous allez dire qu'il n'y a pas de Dieu des chats parce que vous ne l'avez jamais rencontré, pas plus que vous n'en avez entendu parler. Mais ce n'est pas parce que l'on a jamais rencontré quelqu'un qu'il n'existe pas. Et le Dieu des chats, tous les chats le connaissent. En fait, il est invisible aux humains. Normal, c'est le Dieu des chats, après tout. Les chats le prient pour faire des faveurs à leurs locataires humains. Et justement, Poupsky la féline avait une faveur à lui demander.

Le Dieu des chats apparut dans le champ de perspection félin, comme ça : "pouf". Il glissait un tantinet et son ventre rebondi balayait le sol. Il sauta lourdement sur le lit et s'y assit, en enroulant majestueusement sa longue queue souple autour de ses pattes.

- Oui ?
- Ô Dieu des chats, l'implora Poupsky, ma locataire est si absorbée par son scritchage qu'elle en oublie de regarder si ma gamelle est pleine. Fais-quelque chose !

- Le Dieu des chats fixa une seconde le lacet des pompes de la locataire humaine, des lacets qui pendouillaient volontairement d'une étagère voisine, puis répondit, tranquille comme tout :

-Et alors ? Que veux tu que j'y fasse ?

- Dieu des chats, fait que le crayon de ma locataire soit aussi rapide que sa pensée. Ainsi, elle aura plus de temps à consacrer à mon bien-être.

-Aussi rapide que quoi ? Oh, je peux faire ça. Je crois.

Alors le Dieu des chats passa 3 fois sa patte sur son oreille, se roula par terre, pédala des pattes dans le vide, s'étira, se lisslécha et disparut, aussi pouffement qu'il était apparu.

Et l'humaine, qui contourait maladroitement un dragon écailleux, vit sa feuille se couvrir de l'image qu'elle voyait dans ses pensées à ce moment même.
- Créboudjou ! pensa t'elle. Ca, c'est pichtrement marrant, bizarre et pas normal, c'qui vient d'se passer !
Elle prit une seconde feuille, qui se trouvait être une circulaire aux locataires de l'immeuble, distribuée par sa meilleure amie la concierge, et imagina une jument arabe avec son poulain dans un pré en fleurs.
Rien.
Elle saisit son crayon, l'approcha du papier chloré...
Le dessin prit naissance si vite qu'elle n'aurait su dire en combien de temps la feuille fut recouverte. Chaque brin d'herbe, les coquelicots fripés, les pâquerettes, pâles soleils miniatures, tous croqués en gris.

Pendant ce temps, Poupsky vidait consciencieusement sa gamelle des derniers morceaux de petits légume collés dans les bords. Elle n'aimait pas manger avec la langue, Poupsky. Dès qu'elle se sentait observée, elle s'entraînait à saisir petits légumes et bouts de viandes d'un bout de patte griffu, comme les humains. elle n'arrivait pas à comprendre comment ces bipèdes lents, lourds, mal léchés et incapables de sauter sur un rebord de fenêtre pouvaient manoeuvre aussi bien des objets.

La locataire humaine saisit sa pile d'A4, eut une pensée pour les malheureux arbres que son avidité graphique condamnait à l'abattage, et dessina un dragorne (hybride dragon-licorne qu'elle avait inventé^^) en plongée en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le dire, et en autant qu'il en faut pour y penser.

Poupsky poussa un premier miaulement d'alarme. "Gamelle vide. M'inquiète. Toi te lève, Frigogo et remplir. Balance toute la boîte dedans. Comme ça pas de frigoretour, just'un poubellaller.

L'humaine avait couvert une dizaine de feuilles quand elle s'arrêta brusquement. Poupsky pensait sa requête entendue, comprise et en phase de traitement : l'humaine se dirigeait vers la boîte magique ! Un frigogo, mais point de Whiskas ! Vache Milka sortit de sa froide retraite afin de recharger en cacao phosphoré une inspiration étalée sur plusieurs centaines d'A4.

-Damniaou !
-Crac. Croc. C'pas terribl'chocolat au frigo. Mépalchoix, c'qui fait plus de 35° dans c'te mansarde. Alors l'chocolat y fond.

Bientôt, 3 crayons HB, deux tiers de la pile d'A4 et 3/4 de la vache Milka furent dévorés par la furie graphique. Et la locataire humaine ne jeta point de regard sur la gamelle vide de sa Muse et Déesse ! Une catastrophe !

Poupsky commençait à sérieusement regretter sa requête. Elle héla le responsable, pantouflemmard installé sur l'étagère voisine, à tripatouiller les lacets pendouillants.
Et il se marrait, mais il se marrait !!

- Assez ! dit Poupsky. Je n'aurais pas dû te demander celà. Les humains sont trop bêtes pour qu'on leur fasse d'aussi gros cadeaux.
-Oh, dit le Dieu des chats, non, c'est toi qui est trop bête pour prévoir les conséquences de tes actes.
- Remets-tout comme avant, tout de suite !
- Tu pourrais me prier ? J'aime me faire prier.
- Ok, je t'en prie...
- Quand même, tu ne voudrais pas faire un tout petit cadeau à ta locataire humaine ?
- Mmmmhhhh....
- Si elle dessinait 2 fois plus vite qu'actuellement, elle aurait plus de temps à t'accorder, pour sûr.
- D'accord. Bonne idée. Normal, après tout, tu es le Dieu des chats.

Alors pouf ! Le dieu chat restaura la mansarde à une heure en arrière, en dévorant A4 et Milka vers le vortex des temps parallèles possibles.

L'humaine réapparut à sa fenêtre, sous l'angle du toit, à respirer les bonnes odeures des pots d'échappement parisiens, à tenter de toucher les feuilles des acacias en tendant les bras, à se gausser du roucoulement des pigeons amoureux.
Puis elle retourna à son complexe bureau-meuble informatique-table de manger et remarqua un curieux crayon.
Une mine de plomb, en fait. Un crayon qui n'accroche guère le grain de la feuille, mais glisse dessus telle la brise d'été [brise qui ferait bien de souffler sur cette pièce car il fait au moins 35°]

- Crédidjou, j'ai ça moi ? beh que non ! D'où que ça vient ?
- MIAOU !
- Oh, Poup' ! T'as sifflé toute ta galetouze ? 'Titeminute j'remplis prestofissa...

N'oubliez pas d'être gentil avec vôtre chat. Qui sait, le Dieu des chats aura peut-être une idée pour vous Clin d'œil


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PostPosted: Fri 27 Jul - 15:25 (2007)    Post subject: Publicité

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