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Rôleplay de Ragnarok online

 
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Tsaag Valren
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PostPosted: Sun 17 Jun - 15:36 (2007)    Post subject: Rôleplay de Ragnarok online Reply with quote

Voilà quelques textes RP majoritairement écrit quand j'étais étudiante.
J'en ai perdu beaucoup, les forums, ça va, ça vient, etc.

J'ai joué un grand nombre de personnages très différents, au pif : Une étudiante albinos, une naine capitaliste (mon antithèse xD), une demie-elfe-demie-orc roublarde, une femme-hyène africaine, une chinoise inspirée de la légende de Mulan, une trolle pacifiste, une éleveuse de pétaures avec 50 de QI, beaucoup de prêtresses car c'est un fantasme des rôlistes masculins, une scribe chevaucheuse de dragons, et euuh... Ca doit être à peu près tout :p. Ha si, j'ai aussi fait une elfe noire dans Silver World.




Voilà une partie des textes (ce que j'ai pu retrouver car je ne pensais pas forcément à les sauver xD) avec leur contexte et tout.







- RP de Ragnarok Online

Ragnarok online est un MMORPG inspiré comme le nom l'indique de la mythologie nordique. Les réalisateurs coréens ont quand même pris beaucoup de libertés et mélangent des cultures et des croyances qui n'ont rien à voir.


Ces RP concernent majoritairement 3 personnages :

Faruna, une naine alchimiste. Les alchimistes possèdent des pouvoirs d'invocations de plantes, peuvent se créer un homunculus qui se bat à leur place et fabriquent des potions avec toute sortes de plantes.

Eternia, Une demie-elfe-demie-orc, tout simplement parce que son papa elfe trouvait les orquettes craquantes. Elle a vécu chez ces 2 peuples et sait se servir d'un arc et d'une dague. Eternia connait le chemin de la racine d'Yggdrasill (où poussent des plantes précieuses pour les alchimistes) , ce qui l'amène à faire affaires avec Faruna valren. Les 2 femems ne s'apprecient guère.

Sheera, une humaine orientale qui servait d'esclave à une tribu orc. Faruna l'a achetée (avec titre de propriété) pour une somme dérisoire et l'entraine à devenir son principal "outil de persuasion" quand ses fournisseurs ne veulent pas négocier. Le personnage de Sheera est largement inspiré de Gogo dans Kill Bill Clin d'œil


Les naines légendaires, ou l'enfance de Faruna.

Il était une fois, dans les quartiers ouest de la ville d'Aldebaran, une petite maison. Et dans cette petite maison, vivait un nain. Et le nain s'appellait Ragnar Barbefeu.

Comme la quasi-totalité des nains, il était roux, ridé, et grognon, le regard culminant à 1 mètre 20 du sol, au niveau des lombaires des humains mâles et des fesses des humains femelles. (Non pas qu'il en profita pour s'adonner à des cochoncetés !) Il aimait : L 'orge fermentée (communément appellée la bière), l'or, forger des armes, l'or, les grosses haches, l'or, les gros marteaux, l'or, les grosses armures, et il détestait les elfes. Le jour, Ragnar fabriquait des armes, loin, loin d'Aldebaran, à la guilde des forgerons de Geffen -qui devait plus tard être fermée, envoyant nôtre brave nain pointer à l'AMPEN (Agence Midgardienne Pour l'Emploi des Nains)-. mais nous n'en sommes pas encore là.

D'ailleurs, cette histoire n'est pas celle de Ragnar, dont nous retiendrons les prouesses avec un marteau dans la main droite, sur une enclume, les nombreuses chopines vidées le samedi soir à la taverne du troll chanteur, et les gueules de bois qui en résultaient le dimanche matin.

Ragnar avait une femme, et un enfant. Aussi surprenant que celà puisse paraître, car, pour beaucoup les naines sont un mythe. Certains croient même que les nains auraient découvert le secret du clonage pour se reproduire, ce qui expliquerait qu'ils soient tous petits, roux, bougons, forgerons, grands buveurs de bière, et qu'ils détestent les elfes. Fort heureusement, il n'en est rien. Ragnar avait bien une femme, une naine blonde aux formes généreuses, un amour de petite naine grassouillette, nommée Sorin. Et le soir où commence cette histoire, ils étaient en train de s'engueuler, comme bien des soirs, à propos du prénom que Sorin avait choisi pour leur enfant.

-NAAANNN ! Hurlait Ragnar. Tout ce que tu veux, mais pas ce prénom elfique ! Je HAAAAIIIS les elfes !! Tu t'imagines si je dois l'appeller en public ? LA HOOONNNTE !!!
-Mais enfin, répondit la grosse et douce Sorin, il est trop tard pour en changer ! Lorsque le garde-recenseur est arrivé, tu n'étais même pas là. Dès que tu as su que nôtre enfant était une fille, tu as couru t'enfiler dix bonnes rasades de bière au kiwi. Tu n'avais pas choisi de prénom, il a bien fallu QUE J'EN TROUVE UN ! ET CE PRENOM EST FARUNA, que ça te plaise...
Elle retourna la crèpe qu'elle faisait dorer dans une poêle.
...Que ça te plaise ou pas !


Ragnar courut s'asseoir sur le canapé bas et bourra sa pipe de fort mauvaise grâce, en murmurant :
-Qu'est-ce que j'aurais pas donné pour avoir un fils... que je lui aurait appris la forge... que je l'aurais emmené au troll chanteur avec moi... que je lui aurait montré comment on fait grimper les elfes aux arbres... à coup de pied au fion... ouais.
Il fit quelques ronds de fumée, décida que, tout compte fait, ce n'était pas si grave d'avoir une fille nommée Faruna Barbefeu, et songea à la grosse commande de haches qu'il lui faudrait honorer le lendemain, et qui lui rapporterait, à coup sûr, un bon gros tas d'or.
-Mais quand même ! Un elfe, bah ! Il cracha sa pipe en même temps que ses mots.
-Autant je peux m'habituer aux humains, qui sont parfois très doués, comme ce type en blanc là, Dricce Lighthammer -Suis sûr qu'il a des origines naines- autant comme les elfes, y'a pas, JE LES HAIS !! JE VEUX TOUS LES CREVER, LEUR ARRACHER LES TRIPES, LES PLONGER DANS UN FÛT DE VINASSE ET ARROSER TOUS LES ARBRES DE LEUR MAUDITE FORÊT AVEC AVANT D'Y FOUTRE LE FEU !!

Aveuglé par sa colère, il ne remarqua même pas la petite fille qui s'était approchée sans bruit du canapé, une crêpe à la main. C'est tout juste s'il l'entendit répondre :
-Mais papa, ça ne brûle pas, le vin !
Il ne répondit pas. Il serait inimaginable de laisser ce nom honteux... Fa... Faru... souiller ses lèvres (et ce, même avec une triple purification à la bière du troll chanteur)
La petite Faruna, bien loin de se préoccuper des élucubrations de son père, vivait en permanence avec sa gentille maman Sorin dans la maison. A vrai dire, elles n'en sortaient pratiquement jamais, toutes les deux. Celà a sans doute contribué à faire des naines un mythe.
Avec Sorin, Faruna apprenait à faire des crèpes, à trier les diverses boissons alcoolisées de la cave, à surveiller les fûts et à les goûter (Chez les nains, la moyenne d'âge pour la première cuite se situe entre 5 et 10 ans) à repriser les vetements et les chaussettes de Ragnar, à s'occuper de Piggy, le petit cochon domestique (Qui ne serai jamais changé en salami et saucisses, c'est trop cruel !!!), à compter l'or, surtout à convertir des pépites en fûts de bière. Celà ne la passionnait pas vraiment, et même, fut à l'origine de bien des catastrophes.
Comme un soir, où, en mettant les habituels farine, oeufs, lait dans un grand saladier pour les crèpes, elle se demanda ce que ça ferait si on ajoutait le contenu des fioles de la salle de bain. (Une fois, maman avait bien mis du rhum dedans !
Faruna versa donc le contenu d'une fiole étiquetée "Lissebarb, Pour une barbe drue, sans noeuds, et une meilleure retenue des gouttes de bière" avec le lait.

Le hasard voulut que Ragnar soit le premier à tester le produit, en rentrant d'une journée épuisante à forger 30 épées à deux mains pour la garde de Prontera. L'image de son père passant par toutes les couleurs, avant de lancer un hurlement de cochon égorgé et d'avaler 3 pintes pour faire passer le gout, devait lui rappeller à jamais que les mélanges, c'est dangereux.

Dangereux, mais tellement tentant ! Le temps passa, Faruna créa d'autres recette plus ou moins catastrophiques, vomitives et infectes.
Jusqu'au jour où, par erreur (mais il est de notoriété publique que les plus grande découvertes se font par erreur) elle laissa tomber le contenu de son pot de test N° 73 sur une pile de crêpes. Mue par la curiosité scientifique autant que par le courage du pionnier qui vient conquérir un domaine inconnu, elle porta la crêpe à ses lèvres et en ôta une large bouchée. L'effet ne se fit pas attendre, Faruna crut distinguer des spirales psychédéliques de couleurs vives, puis un éléphant qui dansait la samba sur le dos d'une souris, puis un haltérophile portant un caleçon à fleurs.
Elle errait dans une dimension d'un noir opaque, pire que l'intérieur d'un fourneau à charbons. Il n'y avait ni haut, ni bas, ni sortie. Rien. Faruna tenta d'avancer vers ce qu'elle pensait être l'avant. Mais peut être l'avant se trouvait il derrière. Ou en bas ?
Elle se perdit ainsi des heures, avant d'apercevoir, pâle et fugitive, une lumière blanche. Elle se dirigea vers ce point de salut aussi vite que le permettaient ses jambes courtaudes, et la pâle lumière devint une jeune fille, humaine, seule perdue au milieu des ténèbres, assise devant un appareil totalement nouveau et inconnu. Faruna s'approcha dans le dos de la fille, celle-ci ne décolla pas les yeux de sa machine bizarre. Comme si elle n'avait rien entendu. La fille était humaine, incontestablement. Elle devait avoir entre 20 et 25 ans. Ses vêtements étaient plus qu'étranges, impossible à comparer avec les maigres connaissances de Faruna. Un haut qui ne semblait ni de laine, ni de cuir, aux couleurs vives, roses sur noir. Sur ce haut, une inscription, que Faruna fut bien incapable de déchiffrer, "Je suis une g33k et j'en suis fière"
La fille ne lâchait toujours pas sa machine des yeux. Faruna comprit brusquement pourquoi en distinguant des petits bonhommes qui bougeaient dans la machine. Elle se dit que ce devait être là une magie bien puissante, pour rendre des gens si petits, beaucoup plus petits qu'elle même.
Elle semblait les controler avec ses mains, la droite posée sur quelque chose qui rappellait vaguement un rongeur à longue queue mangeur de fromage, la droite courant sur une chose rectangulaire couverte de pustules avec des symboles, qui, dans l'ordre, donnaient ceci : azerty... Brusquement, la fille cessa de tapoter et se coupa un bout de pain (posé sur l'espèce de bureau à coté de la machine). puis elle saisit un pot dont le contenu ressemblait à s'y méprendre à celui du N° 73 !! Elle répandit le contenu sur son pain, le referma et le porta à ses lèvres. Puis elle s'affala complètement sur sa chaise en disant :
"Le Nutella, c'est le pied ! "!
Faruna allait tapoter sur l'épaule de la fille pour qu'elle se rende compte de sa présence, mais, au moment ou ses doigts allaient l'atteindre, elle se sentit tirée en arrière, aspirée dans une spirale de couleurs psychédéliques au milieu desquelles un haltérophile remettait son pantalon et une souris assomait un éléphant avec un rouleau à patisserie.
Elle se reveilla sur le carrelage de la cuisine, sa crêpe à la main. Alors tout lui paru plus clair que de l'eau de roche :
-Je dois fabriquer de grandes quantités de pot N°73 et le vendre partout dans le monde !!
Un plan simple d'apparence, mais c'était sans compter Ragnar et Sorin.

Faruna émettait depuis plusieurs mois dejà le désir de sortir plus souvent decouvrir le monde extérieur. Ce à quoi Ragnar répondit en lui offrant le manuel de la parfaite petite naine ! En voilà des extraits :

-Une naine doit fidélité et obéissance à son mari
-Une naine se doit de rester à la maison pour préparer le meilleur accueil possible à son mari quand il rentrera.
-Par là même, le devoir d'une naine est de fonder une famille le plus rapidement possible

Faruna ne lut pas la suite, la manuel finit sous son lit, et y est encore aujourd'hui, 10 ans plus tard.
Par chance, car le malheur des uns fait le bonheur des autres, à la même époque, la forge de Geffen devait restreindre son activité face à l'émergence d'une nouvelle cité minière, Einbroch. Et Ragnar faisait partie des vaillants artisans que les conjonctures économiques actuelles forcèrent à une retraite anticipée.
Est-ce pour celà que Ragnar passa plus de temps à la maison ? Sûrement pas ! Il noya son chagrin de forgeron jeté comme un mouchoir usagé dans les pintes de bières à la taverne du troll chanteur, avec ses anciens collègues.
L'or de la famille fondit plus vite que 3 esquimaux dans un four. Rapidement il fallait trouver une solution, et ce n'était pas Ragnar, ivre du matin au soir, qui l'appliquerait.
La seconde activité de la famille Barbefeu consistait à garder des futs de bières, dans l'immense cave de la maison. quand les économies commencèrent à fondre, jamais on n'envisagea de se séparer de ce trésor familial nain. Pourtant, c'était ça, ou mourir de faim (chose impensable pour des nains !!)
Cette bière, reservée au seul usage de la petite famille, avait fort bon gout, peut être même était elle meilleure que celle de la taverne d'aldebaran. Le seul obstacle qui s'opposait encore au renflouement des finances de la famille Barbefeu, c'était le registre du commerce. Ragnar en possédait un, mais dans son état, il n'était plus bon qu'à absorber des litres de bières plus vite qu'un Bob l'éponge en manque. Sorin n'avait pas du tout la fibre marchande, et, plus que tout, elle craignait de quitter la demeure familiale. C'est donc à Faruna qu'échut la lourde tâche de se faire accepter par la guilde des marchands pour avoir le droit de vendre la bière familiale. Elle qui n'avait jamais quitté sa ville natale entreprit un voyage jusqu'au lointain port d'Alberta. Elle fit un baluchon avec ses quelques affaires : une chemise de coton de rechange, des loupes et deux potions rouges presque-pas-périmées.
Alors qu'elle faisait le premier pas en dehors du domicile familial, une main rougeaude l'agrippa et la tira en arrière. Ragnar.

-Hips... dis donc, gamine, tu comptes pas partir sans arme, comme ça ? Attends, je vais t'en... hips.... faire une...

Ragnar tira les dernières reserves de fer, sortit son enclume qui prenait la poussière, et bientot, entre ses mains apparu une petite hache grossière. Il la remit à Faruna "au cas où, à cause des monstres dehors".

Faruna serra l'arme lourde et mal équilibrée, témoignage de l'état de dépravation dans lequel se trouvait son créateur. Direction Alberta.

La petite Faruna allait de découvertes en découvertes. ainsi qu'on lui avait dit, dehors, on trouvait des tas de monstres plus ou moins agressifs. Elle affronta les plus faibles, porings (des gelées roses qui se déplacent en sautant), lunatics (des petits lapins blancs), willows (des arbres déracinés et pas contents, un plaisir à fendre à la hache ça !) avec son arme bancale, croisa d'autres aventuriers en quête de monstres à pourfendre, et finalement atteint sa destination avec tant de belles images en tête qu'un album ne suffirait pas à toutes les contenir. La guilde marchande ! Le test fut plus simple qu'elle ne l'aurait pensé, en quelques heures à peine, elle ressortit de la guilde d'Alberta avec un grand sac et un registre du commerce. Vite, il fallait annoncer celà à Papa Ragnar et Maman Sorin !

La hâte du retour devait hélas jouer à Faruna un fort mauvais tour. En errant du côté de Payon, elle vit un monstre qu'elle prit de prime abord pour un willow. Chargeant courageusement du haut de son mètre dix, elle abattit son arme sur le tronc rouge de l'elder... willow. La hache se brisa sous l'impact et le monstre, déjà de fort méchante humeur, darda sur nôtre marchande naine un regard haineux avant de la pogner de toutes ses forces.
Faruna courut aussi vite qu'elle pouvait, mais l'ennemi était lui aussi bien rapide. Elle se dirigea en toute hâte vers la sortie de cette zone, quand quelque chose bloqua sa course et l'envoya glisser sur les fesses, à la merci de l'elder willow.
Fort heureusement la chose dans laquelle elle avait buté se trouvait être les jambes d'un homme armé d'une hache plus qu'impressionnante. Comme l'elder willow se ruait toujours à sa poursuite, l'homme à la hache (vêtu de blanc) écrasa son arme sur le vieux tronc rouge qui se fendit immédiatement avec un "crac" sinistre.

Faruna, sonnée resta par terre, les débris de son arme dans la main droite, la gauche dans l'herbe, la sueur perlant du front. L'homme en blanc (qui devait être un forgeron) prit ce qui restait de la hache, l'examina d'un oeil expert et la jeta en disant
"-Voilà un bien mauvais travail, indigne d'un forgeron."
Sous les yeux ébahis de la petite Faruna, il sortit une enclume, un marteau, un fourneau, quelques morceaux de fer, refondit la hache de Ragnar, et bientot Faruna tenait une hache légère, parfaitement équilibrée et plus affutée qu'une lame de rasoir.
"-Eh bien, dit le forgeron, je serai curieux de connaitre le nom de celui qui t'avait fabriqué cette arme...
- Euuh... C'est de mon père.. Ragnar Barbefeu...
- Ragnar ? C'est impossible ! Je ne savais pas qu'il avait une fille.
- Vous êtes qui, monsieur ?
- Oh, mon nom a peu d'importance. Dricce LightHammer. Puis-je te raccompagner à Aldebaran ?
- Vous sentez pas obligé, je... Je suis une grande fille !
Dricce étouffa un rire et se mit à genoux pour parler à la hauteur du mètre dix de Faruna :
- Ecoute, si Ragnar a des problèmes, n'hésites pas à lui dire de venir m'en parler.
Il se releva :
- Et félicitations pour ton entrée à la guilde ! J'en ai fait partie, moi aussi, il y a longtemps. Prends garde sur le chemin du retour, jeune marchande.
Dricce s'éloigna, grande silhouette blanche dans la brume.
- Je ne lui ai même pas dit mon nom... songea Faruna.






*******



(En 10 ans, Faruna est devenue une carnivore du monde marchand. Elle a vu sa famille ruinée par l'emergeance d'Einbreich et l'ouverture d'une nouvelle taverne dans la capitale, Prontera. Après avoir assisté à la déchéance de son père, elle a accepté divers emploi dégradants pour subvenir aux besoins de sa famille. Ce faisant, Ragnar est devenu un fainéant habitué à se faire entretenir.
Faruna, déçue du manque de reconnaissance, n'a plus de sentiments pour qui que ce soit. Elle voit les autres uniquement en terme de profit qu'elle pourra en tirer.)





Foëkathomb Casterblader, extrait du journal intime de Faruna.
( Les zenies sont la monnaie officielle du jeu Ragnarok)
La Cantina d'Arkana est une mafia locale.
Faruna possède une hache berserker magique, la Bloody Axe. Cette arme exerce une inflience maléfique sur son porteur.



Parmi le grand nombre de curiosités vécues en traînant ma carrette et mes guêtres sur les routes poussiéreuses de Midgard, en voici une que je retiendrai longtemps. Le Casterblader. Si ma mémoire vénale veut bien fonctionner, elle remontera le temps jusqu'à une classique journée de vente à gauche de la fontaire de Prontera. Une carriole bien achalandée et une voix de poissonnière ne suffisaient pas à se faire une clientèle, j'expérimentais la technique, controversée, du garde-monopole. Etant quasiment seule vendeuse de potions de résistance élémentaires, je m'efforçais de maintenir le prix à un niveau de plumage optimal, environ 10 000 zenies. Quitte à racheter les potions des autres marchands en les menaçant de lâcher mon chien de guerre s'ils recommencent à avoir pitié du client. A cette époque, je ne bénéficiais pas du soutient officieux de la Cantina d'Arkana, et de ses multiples ramifications capables d'atteindre les plus hautes sphères. Carnassière parmi les moutons, j'étais résolue à conserver mes privilèges. Menaces en l'air sur menaces en l'air, un bon bâgout et les noms du pèze, du fric et du saint bénéfice continueront à alimenter toutes les peurs, toutes les discussions.

Une gamine a l'air sale (sale = pauvre = aucun intêret pour moi) reluquait ma carette de son oeil pétillant de mauvaises intentions. S'il n'y avait pas eu la garde, j'aurais depuis longtemps succombé à la tentation de me retourner, l'air de rien, de la laisser voler des pommes et de lui couper la main pour ça. Le craquement des os sous ma bloody axe, c'est presque aussi jouissif que de tripoter un gros tas d'or. Impossible, au milieu de ces fonctionnaires royaux coincés du fion qui vous susurrent la bonne parole "gentillesse et respect des lois", je ne pouvais rien faire d'autre que surveiller. Surveiller et attendre. La gamine, après une analyse visuelle détaillée de mon stand (l'écriture du journal est très appuyée et tremblante à cet endroit) , s'approcha de moi en demandant une pomme, même la plus petite et la plus gâtée du stand, gratuitement, car elle n'avait pas de quoi payer, et elle mourait de faim.

Hérésie ! De la main gauche (Pas la hache, faut pas, pas bien... oui mais !! Oui mais non ! garde là bas... Je veux lui fendre la poire pour avoir demandé une pomme gratuite. Enfin ca attendra.) De la main gauche donc, j'attrapais mon zeny fétiche pour faire le signe de croix capitaliste et expliquer le vrai sens de la vie à cette mijorée craspecte :

Ma petite, lui dis-je, la vie se résume à 2 choses :

- Travailler pour avoir de l'argent
- Dépenser tout ton argent pour ton plaisir personnel
- Retravailler pour ravoir de l'argent
- Puis le redépenser pour ton...
- Tu vois, le monde parfait, c'est celui où l'humanité vit dans un amour unique, l'amour du profit. La sainte croissance éternelle Midgardienne !
Mais tu ne peux pas comprendre mes paroles, toi, un déchet du Midgard d'en bas.

Regardant cette petite telle un oiseau de proie devant une souris trop maigre, j'ajoutais d'un ton dédaigneux :

- Si tu n'as pas d'argent, demandes à tes PARENTS de T'EN FILER (Je veux me la hacher menu ! Put... de garde !)
Des larmes naquirent dans ses yeux clairs, en coulant, elles traçèrent un sillon sur son visage sale.
- Mes parents, ils sont morts.
- Et bien demande à tes TUTEURS de t'en FILER ! Mais ne revient pas ici sans zenys ! Ouste !

Sous mes yeux ébahis, elle sortit de sous sa veste miteuse un livre ancien, en bon état, titré "Foëkathomb Casterblader" . Mon réflexe pavlovien de recherche du profit se declancha tout seul, 1 minute plus tard, la gamine tenait une pomme pourrie, et moi, le livre.
Plus jamais je ne devais revoir cette fille.

...

Je commençais à le lire à grand peine... plus habituée à serrer le manche de ma bloody axe qu'une plume, je préfère aussi le calcul à la lecture. Surtout quand il s'agit d'aditionner des profits. Toujours est-il que le livre parlait d'une tactique de magie particulière, consistant à utiliser des épées canalisatrices pour lancer des sorts.
Vous savez sans doute, comme moi, que les magiciens ont besoin d'utiliser un objet canalisateur, généralement un bâton, pour décupler leur puissance. L'auteur du Casterblader prétendait, idiot qu'il est, que les objet ont une âme. Mieux que ça, plus on porte un objet avec soi, plus on en prend soin, plus son pouvoir canalisateur augmente.
Le Foecathomb Casterblader, bouquin doté d'un effet horoscope : je suis persuadée que ce sont des conneries, mais je ne peux m'empêcher de les lire. Mieux, j'étais tentée d'essayer. D'ailleurs, qu'on prédit les astrologues Midgardient pour les natifs de l'année d'Odin côté finances ?

La magie requière trois qualités importantes, qu'à cette époque, je n'avais pas. De la concentration. La sagesse. Une bonne élocution. Les leçons du livre étaient illustrées par des histoires vraies issues de mondes parallèles, comme celle-ci :

''L'homme le plus fort de tous les temps"

Il était une fois, dans un pays fort lointain, un jeune homme qui se réveillait chaque matin frustré parce que tout le monde le traitait de racaille, de sale arabe immigré et de parasite parce qu'il ne trouvait pas de travail. Il faut dire qu'il vivait dans la cité des 6000, qu'il était beur, pas très joli à regarder et qu'il s'appellait Mohammed Bensaïd.

Ce matin précisément, il se réveilla en sursaut, pensant "Y'en a marre ! je dois devenir l'homme le plus fort de tous les temps pour me venger de tout le monde !"

Alors, il mobilisa ses économies et se rendit dans un dojo pour apprendre les arts martiaux. Et quand une énième boîte refusa son CV, il se rendit au siège et cassa fort proprement la gueule du patron. Puis des flics vinrent lui casser la gueule encore plus fort et le mettre en prison. En prison, Mohammed réfléchit et se dit qu'il faudrait devenir plus fort que ça pour casser la gueule aux flics.

Alors, Mohammed se rendit chez un vieux maître d'armes français et apprit l'escrime. Là, quand un énième flic lui demanda ses papiers, il sortit son sabre de sous le manteau et menaca de lui refaire la coupe au carré.
Puis des flic vinrent lui refaire la tête en quinconce et le jeter en prison. En prison, Mohammed se dit qu'il lui faudrait devenir plus fort que ça pour casser la gueule aux flic.

Alors, Mohammed se rendit chez un vieil africain et apprit le vaudou. Il apprit si assidument que le vieil africain lui confia sa technique secrète la plus puissante : le Föecathomb. "Très simple, il faut prononcer cette formule et regarder ta cible droit dans les yeux, alors elle meurt."
Mohammed remercia son maître et se rendit à un poste de police. Il tua tout le monde et rentra chez lui, celà le mit de fort bonne humeur.

Alors Mohammed se rendit chez d'autres maîtres en magies anciennes, il apprit des sorts de déviation, des sorts de domination mentale, et le voyage astral. Quand il ne trouva plus personne pour lui enseigner quoi que ce soit, Mohammed sut qu'il était enfin devenu l'homme le plus fort de tous les temps.

Alors il se fit bâtir une tour, s'installa dedans, se déclara roi du monde, fit interdire la police partout, et déclara que dorénavant les blancs seraient les esclaves des autres peuples.
Mais mohammed avait appris pendant tant et tant d'années qu'il était devenu un vieill homme. Et comme des milliers de gens souffraient, comme ces gens le maudissaient en appellant au jour où les actions de Mohammed seraient jugées, Mohammed commençait à sérieusement redouter la mort.
Il faisait les 100 pas au sommet de sa tour, en observant les trois danseuses vierges en cage qui se tortillaient pour son plaisir, et trouva la solution : quelques uns de ses ouvrages des magies anciennes parlaient de corps morts-vivants immortels. On appelle ça des liches.

Alors Mohammed dêpécha son esclave blanc le plus ingénu, Nathan, pour lui ramener tous les ouvrages sur les liches. Pendant que Nathan vadrouillait, Mohammed en profita pour répandre un peu de virus pour réduire la population, un peu de peur pour la garder sous son contrôle et un peu d'adoration envers sa personne pour gonfler son égo.

Nathan revint 3 jours plus tard avec une trouzaine d'ouvrages. Mohammed se mit immédiatement au travail, sélectonna un de ses compatriotes, prépara son corps dans divers fluides qui le rendirent fripé et laid, et se transforma en liche.
Mohammed se releva, tout gluant, tout heureux de savoir qu'il pourrait faire ce qu'il veut et souiller son karma au possible sans jamais être jugé. Nathan lui suggéra de se rendre dans un immeuble blanc pour répandre un peu de mort, ce que Mohammed la liche fit. Mohammed s'avança dans un nid de blancs au travail et choisit de tuer les gens les plus laids avec le Föecathomb. mais, au moment d'incanter son sort, il se rendit compte qu'il ne pouvait pas ! Son corps de liche n'avait pas de langue !
Alors, pour la première fois depuis très longtemps, Mohammed connut la peur. Quand les blancs s'avancèrent vers lui, il sortit deux katanas, mais c'était dérisoire face à la foule qui l'engloutit, le hacha menu, et se disperça, libre et hagarde.

Nathan, qui regardait la scène du haut de la tour, sortit un petit bout de langue de sa poche et le jeta du haut des 15 étages. Puis il s'installa en haut de la tour, libéra les esclaves et commença à songer qu'il serait bien de redonner des privilèges à son peuple, en faisant travailler ceux qu'affectionnait Mohammed. Alors il prit un livre et se plongea dedans...''


Fort interressant. J'enviais la vie de ces hommes qui avaient asservi des populations entières. Je savais que jamais je n'y arriverais, parce que je suis une naine sans charisme, et parce que l'argent ne corrompt pas tout. Il me fallait la magie. Ce Mohammed d'un autre monde avait utilisé la magie sans bâton, en se servant de sabres comme canalisateurs. Vous imaginez un bâton de mage entre mes mains ? Il se casserait en quelques minutes, sur la tête d'un monstre où d'un communiste.
J'ai cherché, longtemps, comment une alchimiste pourrait utiliser la magie. La bibliothèque de Geffen, cité des mages, m'offrit la solution (ou plutot, Eristan, ce sorcier égocentrique, accepta de travailler pour moi contre 3 bourses pleines, l'enfoiré ! )
Fireblend et Ice falchion. deux armes impregnées de l'essence du feu et de la glace, sous la garde respective d'Eddga, le tigre géant, et de Garm, le chien-démon des glaces.
Eristan me toisait de son air supérieur en faisant tourner son bâton entre ses mains :
"Tu as déjà plein de fric, le soutient mafieux, la hache légendaire des berserkers orc et le monopole du marché financier de prontera. Il te faut la magie en plus ?
Eristan, Ô cher grand mage, contre quelque contribution supplémentaire, tu acceptera bien de défaire ces monstres avec moi ?
Hahahaha ! Même avec ces armes, tu n'ariveras pas à la cheville d'un sorcier, dans tous les sens du terme.
Je gardais mon sang-froid à grand peine, tant mon instinct me suggerait de saisir Bloody Axe et de la laisser faire.
- Nous partirons demain, monsieur le sorcier...
- Sûr ? je n'ai pas encore parlé de mes tarifs, mes services se paient, tu sais ?
Je m'éloignais. Le pouvoir impose des sacrifices. Je savais qu'à long terme, cet imbu d'Eristan finirait par ramper à mes pieds en implorant. Il ne tenait qu'à moi de rendre ce jour plus proche.







******



Rapports du dressage de Sheera (Attention, ce texte est particulièrement noir, malsain et violent.)
Il y est question de Sheera, l'esclave que Faruna a acheté pour en faire son bras-droit.



On l'appelle le désert de Morroc.
Mais lui ne le sait pas. Campé sur quatre solides pattes, l'animal sable parmi le sable hume un air sec chargé de relents d'agonie. Quelques hode, les dangereux scorpions, des membres de la meute, aussi affamés que lui-même. Ses oreilles pivotent d'est en ouest, là où un humain ne percevrait qu'un silence pesant, il sent le frottement de plaques carapacées les unes contre les autres, le déplacement de grains de sables, révélateur du passage des hode. Et la viande. L'odeur émane d'ant hell. En temps ordinaire, il fuirait ce lieu comme la peste. Les fourmis, petits secateurs impitoyables, se jettent par centaines sur le moindre intru, fut-il le desert wolf le plus puissant de la contrée.
Mais il a faim. Probablement un intru mort, pas encore dépecé. Pas à pas de loup, il entre dans la gueule béante d'ant hell.
Tap.
Clip.
Clipiti.
Le sol froid apaise les morsures de ses coussinets brûlés. L'ombre, à la fois apaisante et menaçante, l'entoure, l'étreint, cachant soleil comme espoir de fuite. Entre le raclement de ses griffes, il a conscience des chuintements d'insectes au travail. Une armée innombrable. Le moindre faux pas, la moindre imprudence, et ils seront sur lui.
Pourtant...
L'entrée d'ant hell est vide. Une bonne douzaine d'oeufs y reposent au millieu de coquilles cassées et d'un capharnaûm d'objets hétéroclites, que le desert wolf distingue peu à peu, tandis que ses yeux s'habituent à l'obscurité. Des bouteilles vides. Des centaines de carapaces brisées. Du tissu. Des couvertures. L'odeur est toute proche maintenant. Le molosse pose prudemment ses coussinets entre des éclats de verre brisé, relève la tête et laisse les souvenirs du lieu l'imprégner. Ici, un être vivant fût blessé. Là, il s'est vidé de son sang de longues heures durant. Le loup lape. C'est sec depuis des jours. Trois pas plus loin, l'arme qui a déchiré les chairs et tranché les veines. Toujours trop sec, goût de trop peu. Le canidé suit la trace de la victime et revit ses dernières heures. Violemment agressée à l'antrée d'ant hell, blessée à mort par une arme, elle s'est traînée sur le sol sur plusieurs mètres. Souffrance, lutte vaine contre l'hémorragie, agonie. C'est là. Là, la victime s'est abattue une dernière fois, a consumé ses ultimes forces, a vu, impuissante, la vie s'écouler de ses multiples plaies.

Langue pendante, le Désert wolf salive devant ce festin qui l'attendait depuis des jours. Ses machoîres dévoilent quatre crocs jaunâtres, les chairs pourries se disloquent, il arrache d'une torsion de cou un vaste morceau de cuisse. Cuisse qui fût autrefois la propriété de Vafnir, négociant en vins.

Tap
Tip.

Le loup relêve une tête mâculée de sang noirâtre. Il sent. Il entend, un autre loup, inconnu de sa meute. Aucun danger.

Tap.
Tap.

Il referme ses longues mâchoires sur la cage thoracique de Vafnir. Ca résiste. Il tire. Plus fort. Une côte se détache, libérant un passage vers les délicieux organes internes. Emoustillé, le loup pousse un morceau d'intestin grêle de la truffe pour atteindre le coeur, statique depuis des jours mais encore gorgé de sang liquide. Un vrai festin. Il déchire l'organe vital quand une pensée de peur le secoue de la truffe aux tripes. Quelque chose ne va pas.
Il renifle.
L'odeur de la viande est omniprésente. A quelques pas, le fumet typique d'un autre loup. Et une troisième odeur.
Celle, crainte et honnie, du deux-jambes. Le deux-jambes qui traque ses semblables. Le deux-jambes qui tue par plaisir, écorche et abandonne la chair aux fourmis.
Le loup se retourne et observe l'intru. L'odeur de ses semblables le couvrait. Pas étonnant. le deux-jambes avançait, tel lui-même, sur quatre pattes, recouvert de la peau d'un loup. Le deux-jambes, monstre suintant d'agressivité, caché par l'odeur d'un frère mort.

Le desert wolf juge plus sage de partir. Sa propre expérience de chef de meute joue pour lui, sans cesser de fixer le deux-jambes trompeur, il longe une paroi caverneuse et et se dirige nonchalament vers la sortie.
La rage du deux-jambes l'assaille comme des vagues frapperaient un rocher. Il n'attaquera pas. Il n'attaquera pas, non. Le desert wolf a conscience de sa force décuplée par une faim à peine rassasiée. Combien de fois a t'il harcelé les voyageurs traversant le desert ? Combien de fois a t'il anticipé les haches marchandes, la trajectoire des flèches, les poings gantés des moines ?

Bien des fois.
Et il est toujours en vie.
La sortie, elle, est proche.
Ne surtout pas se presser.

Un cri ! Un hurlement, et le deux-jambes bondit vers la sortie de l'antre, face au loup. Celui-ci se campe et attends. Plus sage.
Fuir pousse l'adversaire à poursuivre et tuer. Il n'a pas envie de se battre après un demi-repas. Et il peut enfin détailler son curieux assaillant.

Une femelle deux-jambes, humaine, à la longue crinière sombre, deux petits yeux noirs en amande. La peau claire sous celle, encore sanglante, du frère loup qui lui prête son odeur. L'humaine tire deux armes de sa ceinture, que le loup observe à loisir puisqu'elles se trouvent à deux centimètres de sa truffe. Des Katars. Le loup hésite. L'humaine vient de prendre un avantage certain. Il recule, lentement, en faisant face, sur ses gardes, près à bondir dès que la sortie de l'antre se libèrera. D'un côté, les fourmis, de l'autre, une deux-jambes armée.
L'odeur irresistible de son recent festin l'obnubile plus encore que la petite humaine avec ses lames. Non !
Cet adversaire n'est pas si gros qu'il paraissait au premier abord. S'il n'y avait pas les lames...

Lames qui s'éloignent de son museau pour être tendues à bout de bras. Les doigts de l'humaine dessèrent les manches des katars qui choient en même temps, dans un fracas metallique.
Qu'elle est stupide !
Et sans défenses.
Occasion rêvée.
Poussé par ses instinst de prédateur, le désert wolf se ramasse, transmet toute l' énergie accumulée à ses pattes arrières et bondit en visant le bras droit. Il se délecte d'avance des os craquant sous l'étau de ses machoîres, du cri de souffrance de l'humaine, de sang giclant par cascades de la plaie, et ne se rend compte que trop tard que ses crocs claquent dans le vide.
-YIIIIHAAAAAAAAAAA !!!!
Le cri de l'humaine vrillle les tympans fragiles, le loup ferme ses yeux quelques instants. Quand il les rouvre, une douleur phénoménale irradie tout son corps. Il est couché sur le flanc, ne relevant même pas la tête pour constater l'évidence. Ses côtes enfoncées ont transpercé les poumons et les intestins, changeant les organes en bouillie. Des côtes enfoncées par le poing de l'humaine.
Le loup peine à penser. Il halète une dernière fois. A quoi bon, sans poumons ? Sa tête s'agite d'un sursaut nerveux, ses yeux croisent une dernière fois ceux de son bourreau. Il lui pardonne. Il reconnaît sa propre défaite, et l'inéluctable. Les ténèbres se superposent à son regard, sous la forme d'un second poing ganté de noir, explosant sa boîte crânienne avec une précision chirurgicale .

Plus Rien.

-C'tait pas ta proie, désert wolf
Sheera recouvre les restes de Vafnir d'un tissu blanc, noue et charge le peu de viande en décomposition qu'il reste sur son épaule frêle.
-J'plus rien à manger. Et l'Vafnir est tout défiguré, du coup, maîtresse Faruna aura pas de preuve qu'j'ai fait ma mission. Pas d'viande, pas d'flotte du coup. J'vais d'voir bouffer le desert wolf et les fourmis. Sal'té de désert wolf. Et Faruna va me r'mettre la chaîne. Saleté de chaîne.

Le sac de tissu blanc est déchargé dans un creux de sable, déjà empli d'ossements. Au dessus de Sheera, des vautours tournoient avec force cris affamés. elle ramasse une pierre, la lance et en blesse un, mais ils reviennent plus nombreux.

Sheera jette un regard haineux aux volatiles, hors de sa portée.
-Ma proie... ma proie...
Elle ensevelit Vafnir dans le sable, au milieu de nombreux os, et resserre les noeuds du tissu.
-V'là. Ptêtre qu'elle va le reconnaître quand même. Maîtresse Faruna.
En pensant à Faruna, une pensée d'amour intense la saisit, l'enveloppe, et la réconforte telle une mère invisible câlinerait son enfant. Un amour exclusif, tel celui que porte un chien à son maître. Un amour qui ne juge ni des apparences, ni même des actes, aussi cruels soient-ils. Un amour artificiel, né d'une potion que Faruna fait boire à Sheera depuis des mois.

Sheera recouvre le linge de sable en pédalant des mains. La proie est en sûreté. Elle se redresse sur ses jambes, relève la tête, la peau de loup qui la recouvrait choit sans bruit sur le sable de Morroc. Une envie de hurler. Laissant parler cet instinct irrésistible, elle crie sa joie de vivre cette existance, sa joie de connaître et servir Faruna, aujourd'hui et à jamais.

Puis elle reprend le chemin d'ant hell, regaillardie par l'idée de revoir maîtresse Faruna.



*******



Extraits des notes d'Eternia.


Certaines choses ne changent jamais. Le frottement des roues de bois d’un cart sur les pavés de Prontera par exemple. Harnachée et chargée comme une mule, Faruna déploie sa marchandise et s’assied sur le trottoir près de la sortie ouest de la ville. La tête pleine de zenys sonnants et trébuchants, elle observe le ballet des promeneurs et des duellistes d’un œil morne. La blessure est encore trop vive. Un' sal'tée de harpie. J’ai bien 'ssayé de l’esquiver, mais elle m’a flanquée un' coup d' pattes (crochues ! ) dans l' paletot. Me v'là à l’entrée Est d' Prontera, puante comm' un chacal et vêtue comme un zombie'prisoner. C’pas ma faute, j’vais la dalle, et à Morroc, Y sont plus vifs que les gardess d'la capitale. Y m’ont chopée, j'tée en taule, et je s'rai morte d’ennui sans c'petit joujou qui sert à r'garder la vie des gens. Une spèce de sphère, tombée dans m' poche par hasard.
Au moins, Faruna s' sortie de sa léthargie des derniers mois. Du progrès.

Pourquoi j' fais ça ? Faruna, elle me fait les yeux doux pour que j'ailles à la racine d'Yggdrasill et j'lui revende d'la plante dorée.
L’argent, je m’en fout. Aller où on veut, quand on veut, ma liberté se résume à un coin où dormir, à manger et à boire dans son sac à dos.

Faruna discute sec avec un riche client, à propos d’une petite dague semble t’il. J'ai pas l' son avec ma bouboule magique. D'Plus l’image est sombre et trop floue. V"là à quoi y passent les impôts de Geffen. J'ferai mieux d'remballer c'machin et d'revendre contre plus nourrissant. Ranger tout. Mais c'm'hypto.. no... tise. C'est curieux, la vie. Je n'ai jamais voulu me faire pardonner, mais, en entrant dans la guilde de l'Ordre d'Asgard avec Eternia, j'avais eu l'impression de trouver une nouvelle famille, des gens qu'on ne compte autrement qu'en profit. Comment vendre un souvenir de l’Ordre d’Asgard, une dague portée par le grand Molinden en personne ? Ca vaut plein de fric. Et je ne peux pas m'en séparer. Aurais-je des ... SCRUPULES ? Impossible, tout le monde dit que je n'ai pas de sentiments. Tout ça, c'est un bug de mon système vénal interne. Faru... Eter... arrêtes de r'garder la bouboule, c'ptêtre dang'reux. J'suis pas Faruna. J'suis Eternia, la p'tite malandrin sans attaches. C'marrant la bouboule. C'comme si on p'vait prendr' un morceau des autres pour soi. m'moi j'veux rien. Ha, si. on'm'dit qu'mon journal y'est pas lisible qu'j'écris trop mal. Bouboule, tum'donne un caliss' de talent littéraire ?

*!*

Faruna remet son harnais, et c’est une mule colérique qui franchit la porte Ouest en flanquant de grands coups de sabots dans le bois. A moins que ce soient des bottes ?

Elle marche sans but, s’arrêtant ci ou là, pour regarder le paysage. Faruna souffre de désoeuvrement, mais surtout de la mort de sa guilde. Elle tenait à chaque membre d’Asgard comme à sa propre vie, la longue agonie de l’OA, les membres envolés comme des pétales de roses, effeuillés jusqu’à la tige, jusqu’à ce qu’on coupe toute la plante. Je l’ai vue sombrer dans cette colère de ceux qui refusent la fatalité. C’est sûrement ce qui rendait Faruna si chanceuse dans le commerce : elle prévoyait les catastrophes. Pourtant, rarement on la croyait.
Bien ! Une pomme ! J’avais une de ces dalles. Et merde. Le garde est surpris, en cherchant son goûter dans sa poche, de trouver celle-ci déjà occupée. Un rapide cours de biologie l’amène à se souvenir qu’il n’a pas 3 mains. Oups. Plan de sauvetage Eternien alpha :

1. Baston : Par la puissance du lapin anorexique ! Je détiens la force de… soulever une dague (en tremblant presque pas) J'AI FAIM !
2. Baratin : « Excusez-moi, j’ai cru voir une soucoupe volante martienne lyophilisée sortir de vôtre poche »
3. Fuite. Comment ça, lâche ? Mais allez vous f... Aïe ! Ca va pas de jeter des laisses de Matyr sur le trottoir ? Pousse toi, la vieille ! Allez jouer ailleurs, les enfants ! La porte ! Ils ont vu, trop tard ! Un poring ! Parfait. Je me gausse du bruit de ballon éclaté et de ma barbarie, et jette la gelée sur mes pas. Bête, mais ça marche. Les gardes glissent dans un Zwiiip Zwiiip BLAAAAAAAM d'anthologie.
J’ai couru jusqu’en lieu sûr, sans nourriture, avec l’eau croupie d’une faille remplie par la pluie, les rochers pour lit. Tout va bien. J’arrange les cailloux sous mes fringues pour le lendemain, quand :

- AARRRRGGGHHHHHeeuuuhb. Pardon, j’ai cru que vous étiez un garde.

Le vieil homme qui vient d’entrer me dévisage comme s’il n’avait jamais vu de demie-elfe-demie-orque de sa vie. Son visage ressemble à un parchemin de 3° siècle passé sous la bougie, ses dents à celles d’un desert wolf centenaire. Sans un mot, il déplie son petit baluchon et en sort une couverture de plumes de peco, les yeux braqués sur moi. Puis il s’étale dessus et ne tarde pas à ronfler façon locomotive d’Einbrech. Ses bagages ne sont guère intéressants : une gamelle cabossée, des allumettes, une gourde d’eau buvable. Même très buvable. Par contre la gourde, elle pue le vieux. Des sous vêt… HAAA ! Quelle horreur ! Au feu ! Et haaaa ! Un reste de fruits écrasés ! Dans la même poche que son sli… gloup. Avalés, pas de remords, pas penser au s… non, pas une seconde.
Si je le tuais ? Ce serait charitable, il n’en a plus pour bien longtemps, c’est une relique ce mec. Autant l’envoyer au musée du Valhalla. J’hésite. Quelque chose me retient. Quelque chose qu’on pourrait appeler « la petite voix de l’intuition féminine ». Je me couche, la dague dans la main droite au cas où le vieux tenterait d’abuser de moi.

Précaution inutile. Je me réveille aussi fraîche et chaste qu’après une nuit dans un grand hôtel. Le vieux et déjà levé. En me souriant de tous ses chicots, il me tend un billet de 5000 zenys et me dit :
« Allez m’acheter de nouveaux vêtements à Geffen je vous prie. »
Combien de temps suis-je restée assise là, stupidement, la lèvre pendante comme une échappée de l’asile ? Sa voix était surprenante, sans aucun rapport avec le personnage, une voix douce et virile qu’on rêverait voir appartenir à un humain de 20 ans.
« Vous êtes toujours recherchée à Prontera. Allez, Hophophop, j’aime être seul pour méditer, mademoiselle. Et ne vous inquiétez pas pour les fruits, mon slip était propre. »
J’ai obéi. A mi-chemin, j’ai l’horrible sensation d’oublier une chose importante. Ma bouboule-pour-voir-Faruna.
J’achète des sous vêtements et une robe de mage à un marchands qui, après m’avoir jetée dehors, a multiplié les courbettes à la vue du billet. Toujours aussi amusant.
Retour à la caverne sûre, le vieux mate dans ma bouboule avec l’attention d’un chien pour son os. Avec de sincères remerciements, il prend les vêtements et s’habille pendant que je compte les mouches. Puis il me tend la bouboule-pour-voir-faruna avec un grand sourire.
-Savez-vous ce que c’est ?
-La bou… non. M… Monsieur ?
-C’est l’œil de Fenrir, une relique des temps anciens qui donne des pouvoirs incommensurables à son possesseur.
-C’est vrai ?
-Non.
-Si c’est sans valeur, rendez-le moi !
-Tututu ! Que nenni, cette chose n’est (il marque une pause théâtrale en faisant de grands gestes) pas à vous !!
Que pouvais-je répondre ? J’ai la désagréable impression d’être transparente à ses yeux. Une sensation connue, la même que quand vous fixez un wild rose. Ce chat géant ne fléchit pas, ne cligne pas, il soutient vôtre regard plus longtemps que vous. La plupart des malandrins dans mon genre ne le supportent pas. Je remballe le peu d’affaires qu’il me reste, tant pis pour la bouboule, je me trouverai un autre passe temps.
-Une minute…
Je me retourne lentement en composant un visage excédé :
-Oui ?
Si vous avez besoin de moi (Il griffonne un parchemin, le roule et me l’envoie en lévitation, sisi, je vous jure !!) voilà mon nom et mon adresse, mademoiselle… Eternia.

Je prend l’objet et m’enfuit sans me retourner. Hors de question d’y jeter un coup d’œil, cette situation est trop dangereuse pour m’y mêler. Les espèces de magiciens qui devinent tout de toi en te charcutant le cerveau, ça me fout la trouille. Pas vous ? Ce que je vais faire ? Chercher Faruna.



***


(Voilà pour les RP retrouvés de Ragnarok Online.)


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PostPosted: Sun 17 Jun - 15:36 (2007)    Post subject: Publicité

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